Cette conférence vise à retracer l’évolution de l’intervention communautaire en contexte pénal au Québec et à réfléchir à ses perspectives actuelles et futures. Elle a pour objectif de situer les fondements historiques et théoriques de cette approche, d’en dégager les valeurs clés, et de comprendre comment elle s’est adaptée aux transformations du système pénal et des politiques sociales.
En s’intéressant à la fois à l’évolution des pratiques et à la construction de l’identité professionnelle des intervenants communautaires, la présentation mettra en lumière les défis contemporains auxquels ce champ d’intervention est confronté : (re)définition des rôles, reconnaissance institutionnelle, équilibre entre aide et contrôle. Elle invitera enfin à envisager les pistes d’avenir pour le développement et la consolidation de l’intervention communautaire en matière de réinsertion sociale au Québec.
Professeure agrégée à l’École de travail social et de criminologie de l’Université Laval, Elsa Euvrard s’intéresse à la justice pénale et sociale, aux politiques pénales, aux pratiques et interventions en matière pénale et à la réinsertion sociale. Elsa Euvrard est également titulaire de la Chaire de recherche en réinsertion sociale des personnes contrevenantes, créée en 2018 à partir d’un partenariat entre l’Université Laval, le Ministère de la Sécurité Publique et le ministère de la Justice du Québec.
Cet atelier propose une plongée dans l’intervention communautaire spécialisée en violence conjugale auprès d’hommes judiciarisés. Considérant que ces participants arrivent souvent sous contrainte, ambivalents ou réfractaires et présentent des enjeux complexes tels que des traumatismes passés, santé mentale, dépendances, précarité résidentielle/financière, rupture des liens familiaux et isolement, comment favoriser une réelle responsabilisation ?
Après une mise en contexte sur l’origine de la Charte des droits, cet atelier propose l’acquisition de connaissance sur le droit à l’égalité, tel qu’il prend forme à travers l’interdiction de discrimination sur la base de 14 caractéristiques personnelles. Notamment le handicap, la condition sociale et l’origine ethnique ou nationale, des caractéristiques que l’on retrouve parfois chez les personnes judiciarisées.
L’atelier est aussi l’occasion d’examiner les différentes formes que peut prendre la discrimination et les dispositions de la Charte interdisant celle-ci en emploi. Sont aussi abordées la vérification des antécédents judiciaires et l’exigence professionnelle justifiée, une disposition pouvant être invoquée par l’employeur. Enfin, la Charte des droits protège certains droits fondamentaux en plus de prévoir un recours pour les allégations d’exploitation d’une personne âgée ou handicapée
Au terme de cet atelier, les personnes participantes seront mieux outillées pour détecter les situations de non-respect des droits de la personne.
Au fil des années, la justice réparatrice et la médiation se sont affirmées comme des voies légitimes de justice, tant à l’extérieur qu’au cœur de l’appareil judiciaire. Fondées sur les principes de l’action communautaire et de l’innovation sociale, elles offrent des réponses humaines et adaptées aux besoins des personnes concernées.
Depuis plusieurs décennies, Équijustice et le CSJR accompagnent des personnes dans leurs démarches de justice réparatrice, en créant des espaces sécuritaires d’échange et de dialogue. La diversité des personnes rencontrées et la pluralité des situations vécues nourrissent constamment nos réflexions et renforcent notre engagement à répondre aux enjeux sociaux et judiciaires contemporains.
Comment nos services évoluent-ils pour faire face aux défis émergents, tout en respectant la singularité de chaque personne et de chaque situation ?
C’est la question au cœur de cette conférence, où nous partagerons nos expériences, nos apprentissages et notre regard croisé sur une pratique de justice inclusive et relationnelle.
L’Intelligence Artificielle (IA) transforme nos environnements de travail, suscitant à la fois enthousiasme et interrogations. Depuis l’émergence d’outils comme ChatGPT, les discussions s’intensifient sur l’avenir du travail, le rôle des compétences humaines et l’intégration de ces nouvelles technologies. Alors comment appréhender l’IA et les différentes plateformes, comprendre leurs capacités réelles et leurs limites au sein de vos équipes ? Avec cette table ronde, explorons ensemble les enjeux cruciaux de l’intégration de l’IA. Un format d’échange interactif pour vous offrir les clés pour démystifier cette technologie et identifier les meilleures approches pour l’adopter de façon équilibrée et judicieuse.
Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), actif depuis 10 ans, œuvre à prévenir la violence en favorisant un vivre-ensemble harmonieux et inclusif. Dans un contexte marqué par la polarisation sociale et la montée des discours haineux, un atelier interactif est proposé aux professionnel·le·s de la réhabilitation sociale. Il vise à mieux comprendre la radicalisation violente et à présenter l’approche communautaire du CPRMV. L’atelier introduit également Alvéole, un outil d’analyse multidisciplinaire et collaboratif, pour éclairer les situations complexes de radicalisation. Sans être un outil clinique, Alvéole favorise une lecture partagée des situations, renforçant ainsi les leviers d’accompagnement. Enfin, cet espace se veut un lieu d’échange bienveillant autour des défis rencontrés sur le terrain.
Derrière chaque trajectoire de vie qui mène à la judiciarisation, on retrouve des événements de vie difficiles et parfois traumatiques. L’intervention auprès des personnes judiciarisées demande de composer avec ces réalités individuelles complexes. L’approche sensible au trauma permet de prendre en compte ces vulnérabilités de la clientèle dans nos interventions afin de minimiser les risques de réactiver leurs traumas. Cette formation vise à informer les particpant.es sur le trauma complexe et ses manifestations afin de mieux intervenir auprès de cette clientèle. Cela implique d’abord de connaître les symptômes reliés au trouble de stress post-traumatique et au trauma complexe afin de mieux comprendre leur influence sur le comportement des personnes. La formation vise aussi à suggérer des interventions appropriées et des interventions à éviter afin d’intervenir de manière sensible au trauma.
La formation comporte une portion théorique et une portion axée sur la généralisation et la pratique. Durant la portion pratique, les participant.es seront appelé.es à mettre en application les connaissances acquises durant la formation et de les mettre en lien avec leur expérience clinique. La formation se veut à la fois informative et concrète afin que les participant.es puissent généraliser les apprentissages à leur contexte particulier d’intervention.
Guillaume Descary est candidat au doctorat en psychoéducation à l’Université de Montréal. Son expérience clinique est centrée sur la clientèle adulte marginalisée, aussi bien en contexte communautaire, dans un site d’injection supervisé, qu’institutionnel, à l’Institut Philippe-Pinel. Dans le cadre de ses recherches, il s’intéresse à la transition à la vie adulte dans une perspective axée sur le développement du pouvoir d’agir. Il s’intéresse également à l’approche sensible au trauma auprès des personnes judiciarisées. À ce titre, il a travaillé comme formateur auprès d’avocats en recours collectif et en droit carcéral et auprès d’intervenants psychosociaux dans le cadre des formations de l’ASRSQ.
Cette formation propose une exploration approfondie des mouvements masculinistes, de leurs origines historiques à leurs manifestations contemporaines en ligne. Elle permettra d’identifier les principaux courants et discours, d’analyser le rôle des médias sociaux dans la diffusion de ces idéologies et de comprendre les motivations qui poussent certains individus à s’y engager. Au-delà des discours, la formation abordera les profils et trajectoires des membres, ainsi que les enjeux liés à la santé et au bien-être. Enfin, des pistes concrètes de prévention et d’intervention seront présentées afin d’outiller les participants pour agir face aux risques de radicalisation et aux défis éthiques que soulève ce phénomène.
Caroline Deli (M. Sc.) est candidate au doctorat en criminologie et chargée de cours à l’École de Criminologie de l’Université de Montréal. Elle est également auxiliaire de recherche au Réseau des praticiens canadiens en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent (RPC-PREV). Son expertise porte sur la radicalisation, l’extrémisme violent ainsi que le processus d’engagement dans des communautés masculinistes.
Cette formation vise à sensibiliser les participants aux enjeux de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (EDI) afin de favoriser une collaboration et une communication inclusives en milieu professionnel. Il propose d’approfondir la compréhension des biais inconscients et des formes de discrimination, tout en développant une conscience accrue de ses propres perceptions et stéréotypes. Les participants exploreront des stratégies concrètes pour promouvoir l’EDI dans leur environnement de travail, ainsi que des méthodes de communication interculturelle efficaces pour gérer des situations délicates. À travers des concepts clés, des études de cas et des exercices pratiques, la formation offre des outils et des ressources pour créer des milieux inclusifs et prévenir les comportements discriminatoires.
Marie-Laure est une consultante chevronnée avec plus de 25 ans d’expérience en conseil, formation et accompagnement, tant en Europe qu’au Québec. Elle possède une expertise reconnue en gestion de la diversité culturelle et une connaissance approfondie des politiques de gestion des ressources humaines, spécifiquement dans le contexte de la fonction publique. Sa solide maîtrise des enjeux propres à ce milieu lui permet de concevoir et de livrer des formations sur mesure, alignées aux besoins et aux réalités du secteur public.
Au fil des années, elle a su se démarquer par son expertise pointue en gestion de la diversité, en gestion de la relève et en formation de formateurs, ce qui l’a amenée à collaborer sur des projets stratégiques d’envergure, dont un projet pilote sur l’approche par compétences génériques avec la Direction régionale du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale dans le Bas-Saint-Laurent.
Cette formation propose un parcours structuré pour outiller les intervenants dans l’élaboration de plans d’intervention efficaces, centrés sur la collaboration avec le client et orientés vers des résultats mesurables. Elle commence par définir le rôle et les objectifs du plan d’intervention, puis explore les étapes préalables essentielles, telles que la connaissance approfondie du client, l’analyse de ses besoins et l’identification des priorités. Les participants apprendront à transformer ces besoins en objectifs concrets, à évaluer la motivation du client et à favoriser son engagement actif dans le processus. Une attention particulière sera portée à la rédaction d’objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporels), afin de garantir des plans clairs, réalistes et adaptés, qui soutiennent des changements significatifs.
Chantale Tremblay cumule plus de 35 ans d’expérience au sein du réseau de la santé et des services sociaux du Québec. Véritable référence en gestion des organisations et en encadrement clinique, elle a consacré sa carrière à l’amélioration de la qualité des services pour les populations vulnérables, tant en protection de la jeunesse qu’en gériatrie.
Mme Tremblay est détentrice d’une Maîtrise en gestion des organisations de l’Université Laval ainsi que d’un Baccalauréat en criminologie de l’Université de Montréal. Forte d’un parcours de cadre marqué par des fonctions stratégiques, notamment comme coordonnatrice SAPA et chef de service, elle a supervisé jusqu’à 230 employés et géré des dossiers complexes aux échelles régionale et provinciale. Spécialisée en RI‑RTF et en RPA, elle maîtrise le déploiement des cadres de référence ainsi que l’application des lois encadrant les ressources intermédiaires et les résidences privées pour aînés. Depuis 2008, elle agit comme formatrice et conférencière pour l’Association des Services de Réhabilitation du Québec (ASRSQ), où elle se distingue par une approche orientée vers l’application concrète – soutenue par sa certification LEAN ceinture verte – et par un accompagnement clinique basé sur la création d’outils pratiques et de guides destinés à soutenir efficacement les professionnels. Elle se consacre à transformer les cadres réglementaires et les processus cliniques en leviers de compétence pour les intervenants et gestionnaires.
En 2026, elle a également intégré la plateforme SHESPACE en tant que consultante spécialiste, contribuant au développement de cette nouvelle plateforme québécoise de relation d’aide.
Cette formation s’intéresse aux enjeux historiques, politiques et sociaux de l’intervention avec les Premières Nations et Inuit afin de mieux comprendre les spécificités de l’intervention en contexte autochtone. Elle offre une base pour se sensibiliser aux particularités autochtones de l’intervention et comporte aussi un volet réflexif afin d’être en mesure de mieux se positionner dans notre rôle d’intervenant auprès des Premières Nations et Inuit. Cette formation mise sur un volet pratique où il sera question de s’exercer à voir et agir autrement, dans l’objectif de développer une approche cohérente et respectueuse à l’égard des Premières Nations et des Inuit.
Marie-Hélène Gagnon Dion termine un doctorat en travail social à l’Université de Montréal. Ses expériences en intervention et en recherche avec différentes nations autochtones ont permis d’approfondir, autant par la théorie que par la pratique, les particularités de l’intervention en contexte autochtone. Son engagement personnel et professionnel vise à faire reconnaitre les approches ancrées dans les cultures des communautés des Premières Nations et Inuit au Québec et au Canada.
Cette formation interactive propose une exploration des enjeux liés à l’itinérance au Québec. À travers des échanges dynamiques, les participant·e·s seront amené·e·s à mieux comprendre la complexité du phénomène, ses trajectoires, ainsi que les dynamiques de désaffiliation sociale et de portes tournantes. Cette formation permettra également de découvrir des outils concrets afin de poursuivre le développement des connaissances de façon autonome. Enfin, une attention particulière sera portée à la collaboration intersectorielle.
La deuxième partie de la présentation sera un exemple d’initiative ayant pour objectif de prévenir l’instabilité résidentielle et l’itinérance chez les personnes sortant de détention. Le service Chez-Nous ! de la Société John Howard du Québec est un hébergement temporaire ayant été mis sur pied il y a 4 ans et contribue à ce que les personnes judiciarisées reçoivent un accompagnement adapté suite à leur incarcération pour éviter de retourner dans un contexte qui pourrait les ramener à avoir des comportements similaires à ceux les ayant menées à être incarcérées.
Louis-David œuvre dans le milieu communautaire depuis bientôt 25 ans.
Pendant son parcours, il décide rapidement de se spécialiser en milieux institutionnels, l’amenant à côtoyer diverses réalités et populations souvent marginalisées et discriminées ; ce qui cristallise son envie d’aider et de sentir l’impact quotidien de ses actions.
Toujours convaincu que le milieu communautaire est celui qui le fera évoluer, autant sur le plan personnel que professionnel, il intègre divers organismes œuvrant auprès de minorités : diversité sexuelle, personnes vivant des situations de handicap, personnes vivant avec le VIH et personnes en situation d’itinérance ou d’instabilité résidentielle.
Il a intégré La Société John Howard du Québec il y a plus de 4 ans. Il est le coordonnateur du Service d’hébergement Chez Nous ! Québec.
De nombreux jeunes en difficulté échappent aux interventions actuelles et se retrouvent marginalisés, sans soutien familial ni institutionnel. Attirés par des groupes délinquants qui leur offrent un sentiment d’appartenance, ils s’enferment dans un cycle de violence qui semble sans issue. Le projet PIVOT vise à déconstruire ces croyances et à proposer des alternatives positives pour renforcer leur pouvoir d’agir et favoriser leur intégration sociale.
Cet atelier explorera ces enjeux et présentera l’approche PIVOT comme voie de transformation possible.
Cette présentation portera sur le projet de stage d’une étudiante à la maîtrise en travail social, qui a développé et animé un groupe d’intervention de médiation animale (zoothérapie) axé sur l’entraide mutuelle entre les participants. Ce groupe s’adressait à des personnes judiciarisées ayant vécu une période d’incarcération et visait à soutenir leur (ré)intégration sociocommunautaire par l’intermédiaire de la présence d’un chien-médiateur et d’activités collectives.
Le Service de police de la Ville de Saguenay a démontré son leadership et son engagement envers la lutte contre la violence conjugale en mettant en œuvre une approche novatrice centrée non seulement sur la protection des victimes, mais également sur l’intervention auprès des personnes ayant des comportements violents. Dans cette perspective, la Direction a procédé à la création d’un poste d’intervenante sociale, dont le mandat principal consiste à évaluer les besoins de ces individus et à les orienter rapidement vers les ressources spécialisées.
Cette initiative, qui allie l’expertise policière à l’intervention psychosociale, a permis d’enrichir la réflexion sur le traitement des dossiers de violence conjugale dans la région. Elle a également contribué à améliorer l’efficacité et la rapidité de l’offre de services auprès de l’ensemble des personnes concernées.
Basé sur les résultats préliminaires d’une recherche sur la justice reproductive dans les prisons pour femmes, cet atelier interactif abordera les enjeux qui y sont liés, tout en ouvrant un espace de discussion autour de la justice reproductive en milieu carcéral.
La justice reproductive s’articule autour de 4 piliers, soit (1) le droit de contrôler son propre corps 2) le droit de ne pas avoir d’enfant et d’avoir le choix de prévenir ou d’interrompre une grossesse; (2) le droit d’avoir un enfant et de décider des conditions de son accouchement ; et (3) le droit d’élever des enfants dans des environnements sûrs et sains sans crainte d’être victime de violence de la part d’individus ou de l’État.
Ce projet est né d’un constat : les proches des personnes judiciarisées disposent de très peu de ressources pour comprendre et accompagner leur proche incarcéré ou en processus judiciaire. Or, la recherche démontre que le désistement repose largement sur la solidité des liens humains et la mobilisation des réseaux de soutien. Pour répondre à ce besoin, une plateforme interactive a été développée. Elle offre des capsules d’information, des outils pratiques téléchargeables, un espace d’échange entre proches ainsi qu’un accompagnement individuel. En plus de soutenir directement les familles, la plateforme devient aussi un outil pour les intervenants (travailleurs sociaux, maisons de transition, avocats, etc.), qui peuvent y référer les proches vers une ressource fiable. Ce projet contribue ainsi à briser l’isolement et à renforcer les liens humains essentiels à la réinsertion.
Cette conférence offrira un espace de parole à des personnes ayant vécu un processus de réhabilitation sociale. À travers leurs témoignages, elles feront part de leur parcours, des défis relevés et des étapes clés menant à une réinsertion réussie. Ce temps d’échange mettra en lumière les retombées concrètes des interventions et soulignera l’importance de l’accompagnement dans la reconstruction des trajectoires de vie.
Corinne Gauthier, agente à la formation
Tél : 514-521-3733 | formation@asrsq.ca